Désormais, le grondement des excavateurs résonne entre les sommets du Badakhshan : dans cette province frontalière de la Chine, du Pakistan et du Tadjikistan, une véritable ruée vers l’or est en train de remodeler le paysage.« Durant des décennies de guerre, les mines ont surtout alimenté des groupes armés, dont le mouvement taliban, et des notables locaux liés à des responsables gouvernementaux corrompus », rappelle Fabrizio Foschini, chercheur au Réseau d’analystes pour l’Afghanistan. « Il a ordonné la fermeture d’environ 225 sites ayant causé des dommages, y compris dans la zone de Shiwa, où de la boue et des débris (miniers) ont emporté lors d’une crue « un pont, des magasins, une école ». En une semaine, nous pouvons extraire 200 à 300 grammes d’or », affirme Mohammadullah Mubariz, manager d’une société détenue par des propriétaires du Badakhshan. Par peur, il ne donne pas son patronyme : « J’espère que les mines n’arriveront pas jusqu’ici parce que là où ils creusent, il n’y a plus de place ensuite ni pour les humains, ni pour les animaux ».