Contrairement aux idées reçues, un enfant victime d’abus sexuel ne manifeste pas systématiquement un changement brutal de comportement. Lorsque l’enfant grandit dans un environnement sécurisant, l’agression provoque souvent une véritable rupture : baisse des résultats scolaires, repli sur soi, anxiété, troubles du sommeil ou modification soudaine de son comportement. En revanche, chez un enfant déjà confronté à des violences répétées ou à un climat familial profondément dysfonctionnel, l’abus sexuel constitue parfois un traumatisme supplémentaire parmi d’autres. Dans ces situations de polytraumatismes, il n’existe pas toujours cette « cassure » qui permettrait d’alerter immédiatement l’entourage.